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Le passage de la frontière est finalement assez rapide. Les douaniers ont le rire facile même si leur humour n’est pas forcément le mien !
Nous remercion d'ailleurss, au passage, nos trois « chercheurs d’or » d’avoir préféré Séverine aux 100 chameaux dans le troc que leur proposait, sous forme de boutade, un douanier intéressé !
L’arrivée à Nouhadibou (première ville du côté mauritanien) sera un moment marquant dans mon voyage. Le changement est, en effet, pour moi, assez radical par rapport au Maroc.
D’abord, la configuration de la ville qui ressemble à un grand chantier jamais terminé. Des briques et moellons alignés, empilés, font office de construction. La plupart des rues ne sont pas goudronnées.
Ensuite, tous ces gens qui semblent s’agiter, pêle-mêle, dans une « anarchie organisée ». J’observe, fascinée, ce spectacle hallucinant complètement nouveau pour moi : dans la poussière omniprésente, des chèvres sur les capots des véhicules garées, des charrettes tractées par des ânes surchargés, un terrain vague jonché de déchets, des épaves d’autos partout, des voitures défoncées qui roulent n’importe comment …
Ici, la plupart des hommes portent la tenue traditionnelle du drâa (grand drap blanc ou bleu clair brodé et percé d’un trou pour la tête) ainsi qu’un tissu servant de turban, appelé l’haouli. La majorité des femmes, quant à elles, se baladent habillées en boubous, et laissent parfois entrevoir le petit visage endormi de leur enfant dans le dos, au milieu des étoffes colorées.
Après une longue pause, nous continuons notre route avec Ramon (l’un des trois espagnols) jusqu’à Nouakchott, capitale mauritanienne.
Ce dernier, riche d’expériences avec la police et doué pour la négociation, parvient à échapper à presque tous les bakchichs que réclament les officiers, tout au long de notre parcours.
Cinq heures plus tard, après avoir manqué de percuter un dromadaire et croisé une voiture tout juste accidentée, nous nous enfilons, dans la nuit, épuisées, sous la moustiquaire d’un modeste lit.
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