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Un dicton devenu coutume depuis notre arrivée en Mauritanie : "rien n'arrive trop tard à qui sait attendre" !
Notre chauffeur de taxi prend place parmi nous sur le tapis neuf du salon, pour goûter au premier thé de la journée, savamment préparé par nos amis mauritaniens. Le petit déjeuner est écourté pour enfin prendre la route, avec au moins 20h de retard sur notre "programme" initialement prévu.
La route jusqu'à la capitale administrative (Nouakchott) est longue et monotone mais agrémentée, comme toujours, des pauses habituelles et des arrêts interminables en Mauritanie parce qu'il faut : pousser un véhicule en panne, passer sous la caisse ou le capot pour bricoler le moteur, regonfler les pneus usés par une route en piteux état, faire le plein d'essence au regard des grandes distances, faire refroidir la voiture sous la chaleur insupportable, déposer des sacs et paquets au fil de la route, ne pas manquer au rituel du thé, s'agenouiller en direction de l'orient pour l'incontournable prière, se réapprovisionner en eau fraîche ...
Tout au long du trajet qui durera près de 7H, Tony Parker (c'est ainsi que nous avons surnommé notre jeune chauffeur) se montre aux petits soins avec nous, comme le font bien souvent les hommes mauritaniens avec qui nous voyageons. Ma voisine insiste lourdement en hassania (la langue officielle en Mauritanie), malgré mes yeux effarés, pour que j'emmène avec moi, en France, le nourrisson qu'elle allaite au sein toute les 20 minutes. Les deux autres hommes passagers somnolent à l'avant de la mercedes.
Les trois journées passées à Nouakchott sont bien différentes de celles passées dans l'Adrar. L'animation de la ville mais aussi de l'auberge remplie de "toubabs" (surnom donné par les autochtones aux "occidentaux") tranchent avec la tranquilité du désert.
Les gens rencontrés au détour de notre route ou sous la khaïma d'une auberge sont bien souvent des personnalités marquantes. Le panel d'individus qui se croisent et se recroisent dans ces lieux de transit, est infiniment large et varié. Et pourtant, presque tous ont en commun d'être là au même moment pour vivre une expérience hors du commun, loin de leurs repères quotidiens. Du coup, tous ces destins qui partagent un moment en l'espace d'une veillée, d'un repas, ou d'un simlple thé, font partie intégrante de notre vécu en voyage et fabriquent souvent des souvenirs inoubliables.
Ainsi, au cours de notre halte à Nouakchott, nous croisons, Sofiane, trentenaire franco-algérien en train de monter une société de communication à Nouakchott, qui nous fit découvrir les "dessous" huppées de la haute société mauritanienne mais surtout nous fit mourir de rire avec son humour continuel ! Il y a aussi ces deux américains, Matt et Samy, très mystérieux, qui nous cuisinèrent un plat de poisson et , pour l'un d'entre eux, nous raconta la recherche qu'il a entrepris ici pour retrouver ses origines maures et nous fit part de sa conception de la vie pour lui idéale que si elle est faite de nomadisme. Nous avons aussi rencontré Yvon et Christel, ce couple parisien - breton, posé à Nouakchott, en partance vers le Sénégal où ils comptent s'installer pour travailler avec une ONG et réaliser une recherche sur la médecine traditionnelle. Toujours dans l'auberge, Bilal et Sidati, deux mauritaniens qui nous régalèrent d'une tajine de mouton et nous firent connaître la plage au coucher du soleil.
Mais le temps passe trop vite et nous ressentons le besoin de découvrir de nouvelles contrées.
Demain Inchallah, ce sera toujours en Mauritanie, puisque nous partons pour la région du Tagant !
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