Mel et Sev en Afrique de l'Ouest
1 passion commune, 2 voyageuses, 3 mois de préparation ... 123 c'est parti pour 4, 5 ou 6 mois d'aventures dans 7 pays d'Afrique ...

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La Route de l'Espoir (de Nouakchott à Aïoun) (du 2 au 4 novembre 2007)

 

C'est suite à notre rencontre avec Damien (un français vendéen de 29 ans), qui, dérangé par les ronflements de son voisin de khaïma au milieu de la nuit, fumait une cigarette sur la terrasse de l'auberge, que nous décidons de ne pas faire une boucle comme envisagé dans le Tagant (autre région désertique de la Mauritanie) mais de prendre directement la direction du Mali.

Sur le coup des 15H, je roule donc à bord de la mercedes de Jess et Gildas sur la célèbre route qui traverse le sud de la Mauritanie, appelée Route de l'Espoir, suivie de Séverine, Damien et Lena dans une autre mercedes break. Nos quatre compagnons de route, tous bretons et peu bavards, descendent à Bamako où ils vendront leur véhicule et poursuivront l'aventure à pied. Nous avons profité de l'occasion pour faire la route avec eux !

Sur cet axe mythique, je découvre une nouvelle Mauritanie ... Le changement est, en effet, radical ! Au nord, nous avions connu la Mauritanie saharienne, au sud, c'est la Mauritanie sahélienne. La savane succède au désert. Après avoir traversé le domaine des grands nomades et du dromadaire, nous entrons dans celui des éleveurs peuls et des zébus bossus aux grosses cornes.

Tel un cordon ombilical, la Route de l'Espoir, légèrement vallonnée, offre régulièrement un panorama sur de vastes étendues, magnifiques, à la végétation plus luxuriante mais néanmoins clairsemée. Sur les hauteurs, les dunes orangées virent doucement au blanc dans les affaissements de terrain et contournent quelques zones marécageuses, parsemées de quelques jolis lacs, avant de disparaitre complètement.

Tout au long de cette route transmauritanienne, nous croisons des centaines d'interminables troupeaux de vaches et de chèvres. Les bêtes, au squelette apparent sous leur maigre chair, imposent leur priorité en traversant la chaussée d'un air pensif et tranquille, alors que Jess se rue régulièrement sur la pédale de frein, qui, je ne sais par quel miracle, n'a pas encore lâchée ! Ce dernier réalise d'ailleurs un véritable exploit, semble-t-il, en parvenant à échapper à tous les dangers de cette route défoncée, contrairement à beaucoup d'autres conducteurs téméraires mais moins adroits vu le nombre impressionnant de cadavres d'animaux gisant sur le côté et pourrissant au soleil.

Pendant ces deux jours, nous roulons continuellement. Nos compagnons de route se montrent pressés d'arriver au Mali et cherchent à gagner la moindre seconde.  Ainsi, en plus de ne pas profiter tranquillement du voyage, ils ne s'arrêtent jamais plus de 3 ou 4 minutes, ce qui laisse à peine le temps de rechercher l'ombrage d'un acacia lors de la pause. Toujours pour ne pas perdre de temps, nous ne respecterons pas la cérémonie du thé, sous la khaïma d'un mauritanien, près du mouton qui sèche au soleil, en coupant court dès le premier verre servi alors que la coutume (ou plus qu'une coutume, plutôt la règle sociale) est d'en boire trois avant de pouvoir prendre congé ... Imaginez, c'est un peu comme si vous partiez au milieu du repas, au restaurant ou lorsque vous êtes invités chez quelqu'un, ça ne se fait pas tout simplement !

Alors que le soleil joue à cache cache avec les branches des arbres éparpillés dans la savane et la ligne d'horizon rouge, nous nous arrêtons en brousse près d'Aleg, ville-étape relativement importante. La première nuit, à la belle étoile, ne sera pas récupératrice. D'abord parce qu'avec Damien, nous refaisons le monde jusqu'à 4h du matin. Ensuite à cause de ces minuscules épines, fines mais tenaces, qui s'incrustent dans le moindre centimètre carré de tissu ou de peau découverte. Enfin, pour couronner le tout, les nuages de moustiques qui me narguent insolemment depuis le coucher du soleil, m'obligent à me réfugier, à l'aube, dans la voiture pleine de bagages pour terminer ma nuit, en sueur et recroquevillée sur les sièges en cuir arrières. L'avantage, c'est que la nuit suivante, pourtant passée dans une case aux cafards volants kamikazes, aux araignées géantes, et aux bestioles grouillantes en tout genre devint finalement, en comparaison, un bonheur inestimé !

La deuxième partie de la route (que nous reprenons le lendemain après avoir dû réparer une panne d'embrayage) est encore plus dangereuse, mais toute aussi jolie et dépaysante. Les conducteurs alternent. Quant à moi, je me retrouve, avec Séverine, à l'arrière d'Yvonne (surnom donné au bolide lourd et couleur bordeaux de Lena). D'abord bien marqué, le goudron est néanmoins strié de nombreuses ravines qui déclenchent, à plusieurs reprises, des cris soudains de l'arrière du véhicule, et rodent les réflexes de nos conducteurs fatigués mais concentrés.

Après la ville surprenante de Tintane (où sont installées des centaines et des centaines de tentes de réfugiés), le goudron disparait sous une large puis étroite piste. L'air n'est plus que terre ! Un rideau de poussière opaque recouvre le pare-brise ... alors que la nuit commence à tomber. A droite, de grosses roches rouges flamboient au soleil couchant dans un paysage de western. Nous poursuivons quand même jusqu'à Aïoun ... heureusement, nous retrouvons l'asphalte mais les trous sont gigantesques, des tranchées traversent la route sans que rien ne soit évidemment jamais signalé ... Et ce qui devait arriver arriva, Gildas évite de peu l'accident en tentant de contourner une voie de canalisation ouverte et cimentée qui coupe littéralement la route ... Cette fois, c'est le carter de la voiture qui rend l'âme !

Nos compatriotes sont alors bloqués à Aïoun. Le lendemain, nous décidons de continuer la route seules car bien que sympathiques, nos compagnons de route sont bien trop stressés pour nous et assez loin de notre philosophie de voyage. Dans le taxi-brousse  qui file vers la frontière malienne plus très loin à présent, le chauffeur à ma gauche et Séverine à ma droite, je repense à nos dernières péripéties. Au final, la Route de l'Espoir, nous aura apporté, certes, son lot de déconvenues (frayeurs sur la route, stress et agressivité de nos compatriotes, mauvaise nuit, insectes déplaisants, nourriture manquante, pannes ...) mais la beauté de ses paysages nous aura également apporté une nouvelle fois beaucoup de surprises ...

 

 

 

 


Publié à 10:43, le 8/11/2007
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Commentaire sans titre

Bonjour les filles! ca faisait un moment que je n'avais pas lu votre blog, mais c'est toujours aussi passionnant! franchement vous m'épater et je vous admire!!! ici ma vie me parait bien ordinaire ;) la classe continue et le temps se rafraichit de plus en plus!!! d'autres news par mail!!! a bientot et prenez soin de vous!! Gros bisous Camille

Publié par Anonymous à 12:12, 25/11/2007

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