Mel et Sev en Afrique de l'Ouest
1 passion commune, 2 voyageuses, 3 mois de préparation ... 123 c'est parti pour 4, 5 ou 6 mois d'aventures dans 7 pays d'Afrique ...

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La frontière malienne (du 4 au 5 novembre 2007)

 

 

Nouveau dicton du jour : "patience et longueur de temps valent mieux que force et rage" !

Dans le dernier petit village mauritanien avant la frontière malienne, une cohorte d'enfants espiègles et rieurs m'encerclent alors que je tente de tuer le temps, depuis au moins 2H, en buvant un thé gentillement offert sur le perron d'une épicerie. Les gamins scruptent le moindre geste de ma part ou le moindre petit son qui sortirait de ma bouche pour s'empresser de le reproduire avant de s'esclaffer, de partir se cacher en courant et de revenir quelques minutes après. Le "jeu" dure ainsi un bon moment, ce qui finalement nous fait passer le temps dans une bonne humeur spontanée et bon enfant, nous qui désespérons de partir. Le taxi-brousse attend, en effet, d'être plein pour continuer sa route et comme les candidats pour le Mali ne se bousculent pas au portillon, et bien l'attente est longue ! Enfin, nous finissons par partir ...

Le passage de la frontière se fait assez rapidement. Nous arrivons, à force d'humour et de tchatche persuasive à échapper au bakchich que le policier nous réclame.

Le Mali nous ouvre ses portes avec le sourire éclatant de ses habitants !

Un homme mauritanien, immigré au Canada, doit reprendre son avion à Bamako. Comme il fait le chemin avec nous, nous sympathisons. Lui, Séverine et moi avons encore l'espoir de parcourir les 420 km qui nous sépare de la capitale malienne dans la soirée, comme nous le souhaiterions ... dans nos rêves ! Car vu la tournure des choses, nous finissons par comprendre, encore une fois, qu'il ne faut jamais faire de plans au-delà de plus de quelques heures ici !

Sur les sièges en caoutchouc typiquement maliens posés au beau milieu du va et vient des passants, sur la place centrale de Nioro du Sahel (première ville après la frontière), nous attendons que les jeunes maliens qui ont chargé toutes nos affaires sur le toit d'un véhicule et qui nous ont promis un départ immédiat, sortent le nez du capot de leur 4X4 ... Environ toutes les demies heures, puis tous les quarts d'heure, puis toutes les cinq minutes, je demande si nous partons bientôt ... Et tous de me répondre en choeur que "oui oui nous partons tout de suite" ! ... Mais rien ne bouge ! ...

Dans ces cas-là, bien souvent, on prend son mal en patience ! Le sourire et la sympathie des gens rendent l'attente plus plaisante qu'exaspérante et l'on sait que, de toutes façons, personne ne nous attend ! Nous avons la chance, quand même, de n'avoir quasi aucune contrainte de temps, profitons-en !

Une fois de nouveau parties, une drôle de sensation m'envahit ! Les routes ressemblent étrangement aux routes françaises ... D'abord, une certaine familiarité me saisit en observant le goudron et les fossés d'herbes qui longent le bitume, au lieu de pistes à moitié ensablées. Mais aussi, lorsque sous les feux de notre 4x4 se dessinent ces fameuses lignes blanches qui avaient pourtant disparues rapidement dès le début de notre parcours, au milieu du Maroc peut-être. Enfin, encore plus surprenant : les panneaux de signalisation ! Non seulement, nous n'en voyons plus, non plus, depuis des centaines et des centaines de kilomètres de route mais en plus, ils sont complètement identiques aux nôtres ! De nuit, j'ai, par moment, l'impression déconcertante de rouler sur une de nos banales routes altiligériennes ! Revenir vers des repères connus alors que nous nous enfonçons de plus en plus profondément dans l'Afrique provoque une émotion bizarre ... Nous apprendrons plus tard que les travaux routiers sont, pour une grande majorité, au Mali, financés par la France, par l'Union européenne ou par des ONG françaises.

Diéma ... étape dans la seconde ville malienne pour nous ! Dans une petite gargotte, une jeune fille, portant son bébé qui, malgré l'animation du lieu, dort à poings fermés dans un tissu enroulé sur les reins, nous prépare, à la lumière d'une lampe torche habilement calée entre son oreille et son épaule, une salade verte. Assise sur des bancs de bois, nous savourons notre rarissime plat de verdure, dans l'obscurité de cette espèce de ville-carrefour où zonent et attendent une majorité d'individus en transition. 

Vite, nous nous pressons, notre compagnon de route mauritanien vient nous chercher car plus loin, là-bas, vers la seule petite place éclairée, un minibus s'apprête à partir ...

"Alors on vit chaque jour comme le dernier, la la la ...", un vieux poste passe Corneille en boucle depuis une heure, nos billets pour Bamako sont achetés, nos affaires sont montées sur le toit du bus ... "Parce qu'on vient de loin, la la la ..." fredonnent toujours les hauts parleurs ...

Et bien non ! Le départ imminent qu'on nous a encore fait miroiter semble reporté à demain matin ! Faute d'hébergement à cette heure avancée de la soirée et dans cette ville-carrefour peu équipée en structure hôtellière, le maurito-canadien, Séverine et moi prenons d'assaut le minibus à l'arrêt comme logement de fortune pour la nuit ... Nuit difficile pour moi, car en plus de l'inconfort des minuscules sièges défoncés (que l'expérience du voyage a néanmoins rendu habituel), le froid, par contre, m'empêche de fermer l'oeil toute la nuit. Heureusement, en recherchant LA position qui puisse permettre à mon corps transis de froid de se réchauffer, je réveille Séverine qui, en solidaire compagne de voyage, me prête un à un, au fur et à mesure des heures passantes, quasi tous ces vêtements. Elle, peut, en effet, dormir dans son duvet, contrairement à moi  dont le sac de couchage est resté dans l'amas d'objets entassés sur le toit du bus !

Dès l'aube, entre Diéma et Bamako, le minibus se met à filer à toute vitesse dans un suffoquant nuage de poussière. L'engin bondit sur les talus et s'enfonce dans les crevasses de la piste, dans un tintamarre tel qu'il est impossible de bavarder. Je m'endors ... puis me réveille, le front collé contre la vitre opaque ... A travers la poussière rouge, des silhouettes de femmes marchent le long de la route, le port altier de la tête soutenant un lourd fardeau, le bébé sur le dos. La grâce de ces femmes, majestueuses, devant les étals colorés à Nioro et dans la brousse ici, est vraiment quelque chose qui m'a frappé en arrivant au Mali !

J'ai en tête l'image de ces femmes mauritaniennes, cachées derrière un voile sobre et foncé, qui ne révelent qu'un regard vif mais fuyant; des silhouettes "shéréazadiennes", toutes enrubanées que l'on découvre par deux, chuchotant au crépuscule au détour d'une ruelle, ou sous les portes voutées d'une mosquée ... Ces femmes pleines de mystères emprunt d'une douceur terrible ont laissé place à d'autres que voici maintenant présentes, actives, découvertes, vêtues légèrement de boubous colorées, qui vibrent comme le coeur battant d'une Afrique chaude, noire et incroyablement vivante ...

En arrivant à Bamako, nous ne sommes plus que de vulgaires mottes de terre qui nous secouont en laissant à nos pieds un parterre de fine terre ocre ... Les passagers ont le visage rouge, les sacs sont teintés de rouge, la carcasse de notre minibus est recouverte de poussière rouge. Séverine essuie ses lunettes en laissant une trace rouge sur son kleenex ...

Soyez les bienvenues à Bamako", s'exclame derrière nous un grand homme à lunettes ...

 


Publié à 11:44, le 28/11/2007
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Commentaire sans titre

Salut à toutes les 2. Nous aussi qui c'est attendre......... Pour des nouvelles quelles nouvelles!! Dépaysement garanti. Contente de voir que tout ce passe bien pour vous. a bientôt sur le blog

Publié par Cécile à 09:46, 29/11/2007

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salut mèl

j'espère que sa ce passe bien, j'ai lu votre parcours et apparament c'est pas tout les jours facile.tu nous manque beaucoup je pense très fort a toi.

gros bisous eva

Publié par eva à 08:42, 29/11/2007

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