Mel et Sev en Afrique de l'Ouest
1 passion commune, 2 voyageuses, 3 mois de préparation ... 123 c'est parti pour 4, 5 ou 6 mois d'aventures dans 7 pays d'Afrique ...

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Ségou (du 11 au 12 novembre 2007)


 



 

Nous ne nous arrêtons pas longtemps à Ségou, deux jours et une nuit seulement. Durant le trajet, René Paul poursuit ses récits de voyage passionnants.

En une heure, les histoires du prof nous ont fait faire le tour du monde ! Nous avons, grâce à lui, traversé tous les océans. Nous avons parcouru monts et merveilles en Birmanie, rencontré 1000 personnages de 1000 ethnies différentes en Ethiopie. Nous avons passé un week-end à Istanbul, puis un autre à Prague et à Budapest, crapahuté à Madagascar avant de plonger dans une piscine en Thaïlande, accompagné son fils dans les embouteillages de New York, erré dans la médina de Fès au Maroc, survolé les rizières balinaises et pédalé dans les cultures vietnamiennes, longé le bord du Gange dans le nord de l'Inde, affronté les dangers du désert sur la route de Timimoun et fait l'école à Alger où Mr a vécu plusieurs années !

Le bus est plutôt confortable ... tout est relatif bien sûr ! Le balancement de mon siège cassé et le ronronnement monotone du moteur juste sous mes pieds me bercent sur le débit de parole sans fin de René Paul ...

Défilent le long de la route, les images d'une brousse "banale" : petits villages constitués pour la plupart de huttes de bois au toit de paille ou de petites habitations en terre (banco). Il y a aussi quelques baobabs, éparpillés de ci de là, majestueux, imposants, solitaires. Et ces femmes encore et toujours, dans leurs activités lentes mais incessantes : pliées en deux, calebasses sur la tête, au milieu des récoltes, suant pour hisser la précieuse eau du puit, accroupies pour laver le linge, en rythme pour piler le mil, s'époumonnant devant des montagnes de pastèques dans les marchés que nous croisons le long de la route ... Et toujours entourées de la marmaille que la contraception parait avoir oublier de limiter  ...

Ségou est à peu près à mi-chemin entre Bamako et Djenné où nous souhaitons ensuite nous rendre. Capitale de l'ancien empire bambara, royaume puissant, riche et grandiose, fondé au 17ème siècle, Ségou présente une architecture en grande partie coloniale.

La ville se situe au bord du fleuve Bani, un affluent du Niger, qui nous éblouit par sa beauté tant le soir avec son magnifique coucher de soleil que le lendemain matin. En nous promenant sur la berge, nous assistons, en effet, interloquées, à la scène incroyable de toutes ces filles, dès le plus âge, et toutes ces femmes, qui viennent ici tremper le linge dans le fleuve tranquille, le frapper sur la pierre d'un coup de main habile, le tordre puis l'étaler sur le sol au soleil. La tâche accomplie, certaines plongent, seins nus, avec leur bébé, pour la toilette quotidienne.

Nous passons la soirée avec "Petit Vieux", jeune malien de 26 ans, qui cherche à nous vendre un "circuit" au  Pays Dogon ou en pirogue. Nous mangerons chez lui avec Yvou, un ami à lui, et terminerons la soirée ensemble, au centre culturel où il se joue un concert de musique traditionnelle.

Au cours de la soirée, nous rigolons beaucoup mais échangeons aussi sur de nombreux sujets plus sérieux qui nous permirent d'en savoir un peu plus sur ce pays que nous découvrons : droits et libertés au Mali, système judiciaire, politique africaine (rébellions touaregs dans la 8ème région au nord du Mali, histoire de Tomas Sangara, président burkinabé assassiné et présidence actuelle controversée de Blaise Compaoré ...), actions associatives à Ségou et jumelage de la ville avec celle d'Angoulême en France, etc.

Alors que Petit Vieux traduit à Séverine les paroles des chansons que nous écoutons autour d'un verre et explique les occasions à laquelles elles sont jouées, Yvou me parle de sa vie et me raconte, entre autre, sa religion animiste. Ce dernier, en devenant animiste, a choisi de suivre les traces de son grand-père même si ses parents sont musulmans, comme 80% de la population malienne (ce qui n'empêchent pas les musulmans de pratiquer quelquefois des rites animistes pour tenter de résoudre certains de leurs problèmes).

Ce que j'en ai retenu (et ce que j'avais lu auparavant à ce sujet), c'est que l'animisme reconnaît l'existence d'une force vitale présente chez tous les hommes. Bien qu'il existe un dieu tout-puissant à l'origine de la terre, mais finalement peu préoccupé du sort des humains, les animistes lui préfèrent des divinités secondaires, en général les forces de la nature personnifiées et les esprits (dont ceux des ancêtres). Dans les grands moments de la vie du paysan et de son groupe (naissance, initiation, mariage, funérailles, etc), elles sont consultées, et des animaux leur sont sacrifiés. Les prières animistes visent essentiellement à assurer la force, la richesse et la fécondité du groupe. La maladie, la sécheresse, la faim sont toujours ressenties dans l'esprit des animistes comme les conséquences d'une faute grave.

La nuit est déjà bien entamée lorsque nous nous enfilons sous notre petite tente moustiquaire montée sur le toit plat d'une auberge ... Encore une nuit passée sous le ciel étoilé de l'Afrique, encore une sur un toit !

Mais le lendemain, réveil avec courbatures et mal de gorge ... Pour la première fois, je me sens mal ! C'est grave docteur ?

 


Publié à 08:36, le 30/11/2007
Commentaires (1) | Ajouter un commentaire | Lien

Commentaire sans titre

merci pour tout ce que vous nous faites vivre.
Bon courage et bonne continuation
Bises à toutes les deux
Maryse

Publié par Anonymous à 10:45, 30/11/2007

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